Sauve (en occitan : Seuva ou Sauva) est une commune française située dans le département du Gard en région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.
Ses habitants sont appelés Sauvains.
Géographie
Village gardois bâti à flanc de rocher, aux pieds de la Mer des rochers ; situé en bordure du fleuve Vidourle, qui après un parcours souterrain ressurgit à las fons di Saouvé ; village médiéval très agréable et très visité durant le printemps et l'été.
Histoire
La première occupation humaine d’importance date des périodes gauloise et romaine : elle est située sur le site de Mus, au nord de la commune. Les premières mentions du bourg de Sauve sont plus tardives : selon les ouvrages consultés, le « castrum » de Sauve est cité pour la première fois en 898 ou une soixantaine d’années plus tard, en 959. La bibliographie s’accorde en revanche pour situer le premier lieu d’implantation dans la zone haute de Sauve, au niveau de la mer de Rochers. L’habitat se fixe ensuite en zone basse, sur le site actuel, à partir du début du XI siècle. Lorsqu’une abbaye y est fondée par les seigneurs de Sauve : elle occupait l’emplacement actuel de la mairie et de la place Astruc. La ville est marquée, du XI au XIII siècle, par la présence de la puissante famille de Sauve-Anduze qui possède également la ville stratégique de Sommières. Les Anduze se qualifient d'ailleurs selon les chroniques du temps du curieux et rare titre d'origine perse de "Satrapes de Sauve". Cette période voit la construction du Pont Vieux et des remparts et le développement commercial de la ville, point de passage du Vidourle. La ville connaît alors un premier développement autour de l’enclos abbatial et du Pont Vieux, rive droite mais aussi rive gauche avec la formation du faubourg de la Vabre. Au XIII siècle, la seigneurie passera aux mains des Roquefeuil, descendants des Anduze, puis fut confisquée par le roi de France avant d'être acquise par les évêques de Maguelonne. Elle sera ensuite partagée entre plusieurs seigneurs.
À la période moderne, la ville est majoritairement protestante. Sur le plan économique, elle voit son importance décliner au profit de la ville voisine de Saint-Hippolyte du Fort à partir du XVII siècle : Sauve produit comme d’autres villes des textiles (bas de laine), mais les échanges importants se font à Saint-Hippolyte, ou à Nîmes, et la ville reste avant tout un centre de production agricole. À la fin du XVII siècle, la construction du Pont Neuf entraîne un déplacement des activités d’hébergement et de transit des marchandises vers le secteur des Combes, aujourd’hui place Florian. Le secteur nord de la ville se développe.
Aux portes de Cévennes, Sauve fut un bastion lors de la guerre des camisards. L’église abbatiale, le château de Roquevaire, sont incendiés, de nouvelles fortifications sont édifiées (de cette époque date la construction du Castelas, qui domine la ville). L’église actuelle a été reconstruite au cours du XVIII siècle Les casernes ( écrites "cazernes" sur leur fronton) sont construites en 1759.
Les dragons du roi avaient élu domicile dans des bâtisses qu'aujourd'hui encore on nomme, les casernes, actuellement accolées à l'école publique. Autrefois, ce village était une cité plus importante que Nîmes, aujourd'hui préfecture gardoise.
La physionomie de la ville change avec la destruction, pendant la période révolutionnaire, de l’enclos abbatial. Sur son ancienne emprise, la mairie de style néo classique avec son portique à colonnes est construite, dans la première moitié du XIX siècle. À la même époque, le temple est construit place Florian, lui aussi de style néo classique très sobre avec un vaste fronton triangulaire couronnant la façade. Enfin la gare de chemin de fer est édifiée en 1872.
La campagne de Sauve, au XIX siècle, n'ignore pas la culture du mûrier, notamment sur le domaine de Vestric, qui s’étendait également sur la commune de Saint-Jean-de-Crieulon. Dans les années 1860, cette culture sera anéantie, et remplacée par la vigne : la crise du mûrier et de l’élevage des vers coïncidant, à quelques années près, avec l’arrivée du chemin de fer qui permettra la diffusion de la production viticole. L’activité urbaine mêle alors activités industrielles, artisanales, agricoles, avec l’installation de fabriques de bonneteries, de distilleries et la poursuite de la production, en grand nombre, de fourches de micocouliers.
Sauve a toujours été très célèbre pour ses fourches (fabriquées avec le bois du micocoulier, micoucoule qui voulait dire petite baie noire, comme les fruits du même arbre), ainsi que ses cerises dont les arbres étaient plantés dans la Mer des Rochers. Site, visité par de nombreux touristes en été, qui ne connaît actuellement plus de vie arboricole, agricole ou toute autre activité humaine qui fourmillait auparavant. C'est un village médiéval très bien conservé dont la visite en été est très agréable à travers ses rues en pentes, escaliers, porches et passages couverts, éléments d'architecture des façades très quantitatifs et qualitatifs du XV au XVIII siècle.
Hymne
Occità (original) |
Français |
La Saouvenco : Refrain : O Saouve, Oh tus douce patrio fin lous éfants de ta famillo Taïmen d'amour, taïmen de corp Té cantarin jusqu'à la mort.
Couplets : Amoundaou, vésé là d'intré les rocs quillado sus un plan inclina fiéremen estadiado en sas tourré géanto et soun viel Castelas superbo commandant lou Vidourlé aïcibas.
dé peiro et des roucas, es clafi son terraïre es d'aqui qu'à plaisi, sous fourquiès bannédiaïres sé naousou din l'air sous béau fruits savourous.
Dun ron espectavlou, réboundis merveillouso un font de bonhur es lindo et fresquo nou fara tous gaou, evesca viel couvent Roco Vaïre Saint-Jion, mysterious avens.
Coumo toutes sous gars, sous valles et sas fillos dé sous roudiés duraos, on la fresquo qué brillo sous corps sont de diamant, d'aqui ven qué toudiour Séguiran lous saouven lou drapéou dé l'hounour.
O Diou tous qué d'amoun dirigés nostré moundé déles escarta lou maou et què lou bé y aboundé maintins y l'unioun, la paz et sous éfants de sa patrio fiers, tréfoulis cantaran.
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La Sauvaine : Refrain : Oh Sauve, Oh ta douce patrie jusqu'aux enfants de ta famille Je t'aime d'amour, je t'aime de corps Je te chanterais jusqu'à la mort.
Couplets : Au mon Dieu, voit là entre les rochers quillé sur un plan incliné fierement établi et ses tours geantes et son vieux Castelas superbe commandant le Vidourle ici bas.
de pierre de rochers, est ... son terroir c'est ici que se plaisent, ses fourches ... l'on sent dans l'air ses beaus fruits savoureux (cerises).
(à compléter)
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Héraldique
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Blason |
De gueules à la montagne de sable sommée d'une plante de sauge de trois branches de sinople, elle-même encadrée en chef de l'inscription SAL SAL en lettres capitales aussi de sinople, à la muraille crénelée avec deux tours, le tout d'or maçonné de sable, mouvant de la pointe. |
Détails |
Le statut officiel du blason reste à déterminer. |
Politique et administration
Liste des maires successifs depuis la Libération Période Identité Étiquette Qualité 2014 en cours Alexandra Mollard DVG mars 2008 2014 Bernard Marion DVG mars 2001 mars 2008 Joseph Malgoire DVG juin 1995 mars 2001 Didier Fougerolles 1988 juin 1995 Claude Pradille PS Sénateur du Gard (1988-1989) Conseiller général du Canton de Sauve (1970-1995) mars 1971 1988 Moïse Meilhac mars 1965 mars 1971 Georges Martin PCF Conseiller général du Canton de Sauve (1951-1970) 1965 1965 Edgar Dorthes 1947 Urbain Meilhac 1947 1947 Aimé Faisse 1945 1947 Émile Dorthes 1944 1945 Ernest Pradille Liste des maires (de 1800 à la Libération) Période Identité Étiquette Qualité 1941 1944 Pierre Coulondre 1941 1941 Meilhac 1925 1940 Émile Dorthes 1917 1925 Adolphe Martin 1903 1917 Henri Perrier 1901 1903 Simon Puech 1900 1901 Henri Perrier 1894 1900 Émile Mombounoux 1884 1894 Eugène Conduzorgues 1881 1884 Ulysse Aldebert 1879 1881 Émile Cazalet 1876 1878 Isaac Liron 1849 1876 François Roussel 1843 1849 Louis Clauzel 1839 1843 Louis Almeras 1830 1839 Eugène Conduzorgues-Lairolles Républicain 1826 1830 Jean Simon Pascal-Vallongue Royaliste 1818 1825 Louis Marie Duranc de Sauve Royaliste 1806 1818 André Claude Sales de Sallèles 1802 1806 Louis Verdier 1800 1802 Pierre Blanc |- | Les données manquantes sont à compléter.
Joseph Malgoire a présenté la candidature de Corinne Lepage à l'élection présidentielle de 2002.
Démographie
En 2013, la commune comptait 1 974 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXI siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année.
Évolution de la population [modifier] 1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 2 800 2 729 2 658 2 584 3 021 2 904 2 808 3 219 2 823 Évolution de la population [modifier], suite (1) 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 2 442 2 552 2 508 2 314 2 287 2 349 2 440 2 387 2 185 Évolution de la population [modifier], suite (2) 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 2 160 2 125 2 018 1 696 1 701 1 602 1 412 1 251 1 208 Évolution de la population [modifier], suite (3) 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2008 2012 1 388 1 328 1 277 1 417 1 606 1 690 1 856 1 879 1 969 Évolution de la population [modifier], suite (4) 2013 - - - - - - - - 1 974 - - - - - - - - De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale. (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999 puis Insee à partir de 2004.)
Histogramme de l'évolution démographique
Lieux et monuments
La commune abrite quatre monuments historiques :
la construction maison de l'Évêque, classée en 2004 (contrairement à ce qui fut parfois annoncé, il ne s'agit pas d'un ancien évêché mais tout simplement d'une demeure de villégiature de l'évêque de Maguelone) ;
la maison Poch, inscrite en 1956 ;
l'ancien oppidum de Sauve, inscrit en 1971 ;
la tour de Môle, inscrite en 2004.
Pont de Sauve.
La tour de Môle.
Autres monuments et sites :
le "pont vieux", d'origine médiévale, franchissant le Vidourle ;
"Fontaine de Sauve" : résurgence de "type vauclusien" particulièrement impressionnante en période de fortes pluies notamment à l'automne ;
l'église, très remaniée au XIX et son puisant clocher carré ;
la tour de l'horloge médiévale surmontée de son campanile en fer forgé abritant la cloche des heures ;
le temple protestant et son vaste fronton triangulaire surmontant sa façade néo classique de la première moitié du XIX siècle ;
l'hôtel de ville et son important portique à colonnes néoclassiques (vers 1820) en face de l'église, place sur laquelle se trouvent d'ailleurs quelques maisons à arcades au rez-de-chaussée ainsi qu'une belle fontaine surmontée d'une statue en fonte de fer peinte en vert, sorte de "déesse" à l'antique semblant représenter la "Diane de Gabies" (milieu XIX) ;
le Conservatoire de la fourche, le seul lieu a pratiquer encore la fabrication de fourche au bois du micocoulier. Avec l'office de tourisme, il est installé au sein d'anciennes « cazernes » (casernes) du XVII siècle ;
le village, à l'aspect extrêmement pittoresque, est accroché sur une pente abrupte dominant le Vidourle ; nombreuses ruelles avec passages voutés, venelles et escaliers. Nombreuses façades gothiques du XIV au XVIII siècle ;
la Mer de Rochers est un chaos de rochers calcaires. Cette zone de karst à tourelles et sorte de cité ruiniforme se visite gratuitement. On y trouve les restes du château de Roquevaire qui est une propriété privée ouverte au public pour les journées européennes du patrimoine. Ou encore les restes du Castellas dominant la cité médiéval au sud. Plus au sud encore, on notera les ruines de l'ancien château de La Roquette au-dessus d'une boucle du Vidourle.
divers autres mas dont celui de Pigné ou Pignet remarquable (fin XVIII, début XIX ; maison natale de Théodore Sivel) ;
l'ancien établissement thermal de "Fonsange-les-Bains" au pied du massif de Coutach dont le pont culminant domine Quissac et Sauve de 472 mètres ;
le château de l'Évesque, résidence de Jean Astruc et le moulin à eau attenant, plus ancien ;
à l'est de la commune, sur la route de Durfort, dominant cette dernière, l'élégant château de Valfons dont le corps de logis principal est entouré à chaque extrémité de deux tours rondes ;
l'ancienne gare, aujourd'hui restaurant, datant de 1872, typique de l'architecture ferroviaire du PLM dans la seconde moitié du XIX siècle.
Etc.
Château de Valfons.
Tour du vieux Castellas.
Vieille ville vue des rives de la Vidourle.
Économie
La fourche dite de Sauve, en bois de micocoulier, est encore fabriquée selon la méthode ancestrale deux fois par semaine. On fabrique des fourches depuis au moins le XII siècle. Les Sauvains ont mis au point et perfectionné un ingénieux procédé de culture de la fourche. Magnifique objet d’un seul tenant en bois de micocoulier, entièrement fabriquée à la main. Reconnaissable à sa célèbre cravate d’écorce, elles sont vendues aux particuliers comme aux professionnels qui s’en servent toujours aujourd’hui dans l’agriculture et dans l’élevage. Mais quoique recherchée pour le textile (elle ne produit pas d'électricité statique) c'est une vente touristique et estivale ; menacée de disparition, la production est en forte diminution
L'un des deux sites d'Éminence est présent à Sauve, le siège étant basé à Aimargues.
Personnalités liées à la commune
Jean Astruc (16**-1766), médecin français, né à Sauve, auteur du premier ouvrage important sur la syphilis et les maladies vénériennes ;
François Béranger (1937-2003), chanteur, décédé à Sauve ;
Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794), fabuliste français et auteur de la célèbre chanson Plaisir d'amour ;
Robert Crumb, dessinateur de BD américain, figure emblématique de la bande dessinée underground, vit à Sauve depuis 1993 ;
Robert Filliou, artiste français, lié au mouvement artistique Fluxus ;
Élie Gounelle (1865-1950), pasteur protestant, né à Sauve, figure emblématique du Christianisme social et du mouvement œcuménique international ;
Joseph Sécret Pascal-Vallongue (1763-1806), né à Sauve, mort le 17 juin 1806 à Castelleone), général de brigade, blessé mortellement au siège de Gaète ;
Théodore Sivel, célèbre aéronaute qui avec Croce-Spinelli et Tissandier s'éleva jusqu'à 8 000 mètres en 1875 avec un ballon de 3 000 m³ monté et cousu à Sauve ;
Roger Katan, architecte, vit à Sauve depuis 1999.